Association pour la Solidarité et le Développement

 

CONGOSTRIP

                                        

 

 

   

 

                  

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bande dessinée congolaise

d'hier et d'aujourd'hui

 

contact : info@congostrip.be

 

 

L’ambition de l’exposition Congo Strip: exposer la BD congolaise comme un des langages majeurs de l'art, de la culture et de la vie contemporains congolais.

Le but général de l'exposition est de proposer un bilan non certes exhaustif mais synthétique et pertinent de la BD congolaise, née  sous l'influence et dans le contexte de la colonisation belge au  Congo et dont les développements dans la période postcoloniale    et les développements actuels à  l'ère de la mondialisation constituent des phénomènes fascinants mais peu connus du public belge voire congolais.

Quand la communication passe par les bulles !

 Par ses capacités expressives, l'univers de sympathie qu'elle dégage, la BD se révèle un outil de communication performant.

La matière de  la BD congolaise est vaste et toute volonté d’exhaustivité vaine. Il importe cependant dans un souci didactique de proposer au public quelques repères chronologiques.

A cet égard, l’on peut distinguer trois périodes dans le parcours historique de la BD congolaise :

Les prémices :

C’est dans la période de l’après-guerre (1940-1945) à la faveur de la création de revues destinées à  la jeunesse scolarisée par les missionnaires  qui jouissent d’un monopole en la matière d’éducation de jeunes congolais que des talents congolais se signalent à l’attention du public.

Le cas de Mongita, à la fois speaker de la radio, peintre, homme de théâtre et pionnier de la BD congolaise est pour le moins révélateur.

Dans la période post indépendante, c’est autour de « Jeunes pour Jeunes », Maison d’éditions créée par Freddy Mulongo et Achille Flor Ngoye qui traduit la volonté d’enraciner la BD congolaise dans la culture locale, d’en faire un puissant moyen d’expression et de diffusion populaire à destination de jeunes et de moins jeunes.

Appuyé sur un réseau de diffusion solide et soucieux de conquérir un lectorat jeune aux dimensions du Congo « Jeunes pour Jeunes » constitue un tournant majeur et déterminant dans le parcours de la BD congolaise.

Ce projet brise les moules étriqués de l’édification chrétienne, plonge dans l’imaginaire urbain dont il explore les dédales et les fantasmes de même que les canons du langage sont bousculés (e.a. la série Apolosa). « Jeunes pour Jeunes » révélera de talents nouveaux et consacre une production diversifiée assumée par une génération ambitieuse.

Les tribulations de ce magazine sans équivalent depuis lors ont eu de retombées néfastes.

Néanmoins à travers des filiations revendiquées ou non son influence fut et est considérable.

D’autres dessinateurs et scénaristes ont émergé dans les deux premières décennies post-indépendantes. C’est le cas de Mongo Sisé, mordu de la BD, correspondant d’Hergé qui l’accueillera dans son studio éponyme à Bruxelles.

Il emprunte au cinéma missionnaire les personnages de Mata Mata et Pilipili pour en faire les héros d’une série picaresque et hilarante publiée dans les pages de l’hebdomadaire Zaïre et ensuite en volumes. A la demande du ministère belge des Affaires étrangères, il crée Bingo pour une série didactique qui jette un regard sur la coopération euro-africaine.

La deuxième période post-indépendante est marquée par les Barli Baruti, les Tchibemba et autres dont les parcours insignes sont autant des marques de vitalité de la BD congolaise.

Leur rôle pour la reconnaissance dans la reconnaissance internationale dont elle jouit aujourd’hui n’est pas négligeable.

La troisième période se caractérise par l’expatriation massive de talents sous les cieux européens à l’instar de la fuite de cerveaux que l’on observe dans la plupart de domaines de création intellectuelle et artistique fragilisés par les programmes d’ajustements structurels ainsi que la détérioration de conditions de travail.

Nombre d’icônes de la BD congolaise vont s’installer temporairement voire définitivement en Europe où leurs carrières prendront un nouveau tournant sous le signe de la collaboration avec des scénaristes européens.

L’exil sous d’autres cieux permettra à bien d’autres talents un épanouissement qui leur vaudra succès et reconnaissance.

Par ailleurs des scénaristes en exil et de dessinateurs demeurés au pays poursuivront pour certains une collaboration féconde.

Cette troisième période porte tous les signes de la mondialisation avec son potentiel d’échanges transfrontaliers et ses dynamiques propres.                             

La BD congolaise bénéficie du dynamisme de jeunes éditeurs, eux–mêmes bédéistes, qui s’efforcent de promouvoir avec succès la BD congolaise, en France, en Belgique, et ailleurs en Europe.

Cette dynamique éditoriale et les efflorescences qui en découlent méritent d’être examinées en profondeur.

L’exposition dressera loin de toute idée d’exhaustivité un état des lieux de la BD congolaise.

Afin de mettre en valeur ses spécificités, son dynamisme et ses traits d’originalité, la démarche proposée se veut avant tout didactique.

Des repères chronologiques indispensables seront indiqués. Les spécificités des pôles de créations à l’instar de Kinshasa et de Lubumbashi avec leurs particularités seront évoquées.

Toutefois, l’ambition est de permettre au grand public de s’introduire dans l’imaginaire congolais par le biais de personnages emblématiques et des  séries qui ont donné et donnent à la BD congolaise ses lettres de noblesse comme sa saveur et ses couleurs :

Mata Mata , Pilipili, Mayele, Apolosa, Mikumble, le colonel Bangala, Mohuta, Bingo etc.

Ces derniers serviront en quelque sorte de mentors attitrés pour une immersion dans les réalités congolaises et leur tissu fascinant et complexe.

Les bédéistes congolais, d’hier et d’aujourd’hui, puisent en effet leur inspiration dans un terreau riche et diversifié où le réel et le fictif se côtoient, où fantaisie et sincérité cheminent ensemble, où les clins d’œil entre cinéma et planches sont de mise, où le souci du témoignage citoyen n’épuise guère la veine créative.